Design de carte

Les polices pour une carte de restaurant

La police est la première chose que votre carte dit de vous et la dernière qui devrait poser problème à table. Tailles, associations et détails qui se voient, avec des exemples tirés des designs de MenuDesign.

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Ou coller le texte
Illustration du guide : Les polices pour une carte de restaurant

Des tailles qui se lisent à table

Pour le texte des plats, travaillez entre 9 et 11 points. Les noms un peu plus grands ou en gras ; les descriptions au plus un point plus petites. En dessous, dans une lumière tamisée et sans lunettes, la carte devient un test de vue.

Attention : le même chiffre ne donne pas la même taille dans toutes les polices. Ce qui compte, c’est la hauteur des minuscules (la « hauteur d’x »). C’est pourquoi Sobremesa, composé en Cormorant Garamond, part de 11,4 pt, alors qu’Editorial, composé en Inter, se lit tout aussi bien à 9 pt. Et la Space Mono de Ticket, très large, fonctionne à 8,6.

Trois détails de plus :

  • Un interlignage généreux, autour de 1,2 à 1,4 fois la taille du caractère.
  • Méfiez-vous des déliés très fins. Les caractères très contrastés comme le Bodoni de Milano sont superbes, mais ils demandent une taille correcte et une bonne lumière.
  • Les graisses légères, seulement pour les grands titres. Un texte en maigre sur un papier crème disparaît sur une table éclairée à la bougie.

Une police pour les titres, une autre pour le texte

La formule classique : une police à forte personnalité pour le nom de l’établissement et les rubriques, et une police très lisible pour les plats. Un duo fonctionne quand les deux polices contrastent sur un point (serif et sans serif, une graisse très forte et une normale) mais partagent leurs proportions.

Quelques associations de MenuDesign :

Design Titres Texte Caractère
Brasserie Playfair Display Source Serif 4 Grand café classique
Editorial Instrument Serif Inter Magazine
Trattoria Playfair Display Josefin Sans Cuisine italienne familiale
Cartel Anton Archivo Affiche, bar à tapas
Brasa Rye Bitter Grill, viandes
Botánico Gloock Karla Potager, cuisine végétale

L’autre option, c’est une seule famille, en jouant sur les graisses et l’italique : Manrope dans Autor, Work Sans dans Nórdico, Inter Tight dans Suizo ou Bodoni Moda dans Milano. C’est la façon la plus sûre de tout faire tenir ensemble.

Les polices décoratives ne vont que sur des textes courts. La gothique de Gaceta (UnifrakturMaguntia) est parfaite pour un titre de journal et impossible dans une description de deux lignes. Même chose pour les manuscrites : Libreta utilise Gochi Hand et Kalam avec le texte à 10 pt pour que l’écriture du cahier reste lisible.

Serif ou sans serif selon votre établissement

Il n’y a pas de règle, mais il y a des conventions que les clients reconnaissent :

Établissement Ce qui fonctionne en général Exemple
Gastronomique, menu dégustation Serif classique ou sans serif très épurée, une seule famille et beaucoup d’espace Sobremesa, Autor
Bistrot, brasserie, pub, bar à vins Serifs de tradition Brasserie, Bodega, Pub
Bar, tapas, burgers Titres gras et condensés, texte en sans serif Cartel
Café, brunch, cuisine saine Sans serif chaleureuse ou serif douce Nórdico, Botánico

Les chiffres des prix

Les chiffres font la moitié de la carte et méritent de l’attention :

  • Chiffres tabulaires : chaque chiffre occupe la même largeur, si bien que les prix s’alignent en colonne (9,50 juste au-dessus de 12,00). C’est ce que MenuDesign utilise par défaut pour les prix, et c’est ce qui permet à Suizo de les aligner à droite avec autant de rigueur.
  • Chiffres elzéviriens : ils montent et descendent comme des minuscules et se fondent dans le texte. Sobremesa et Bodega les utilisent pour les prix.
  • Un seul format sur toute la carte : soit 9,50 et 12,00, soit 9,50 et 12.

Toutes les polices n’ont pas ces variantes. Si vous choisissez une autre police, vérifiez l’allure des prix avant d’imprimer.

Italique et petites capitales

  • L’italique pour les descriptions, les quantités (« 6 pièces », « pour 2 ») ou les notes de bas de page. Choisissez des polices avec une vraie italique, pas un texte penché par le logiciel.
  • Les petites capitales (des capitales à la hauteur des minuscules) pour les titres de rubrique, les appellations ou les noms de domaines viticoles. Elles font classique sans crier ; Bodega les utilise pour ses titres de rubrique.
  • Pas de paragraphes en capitales. Ils sont difficiles à lire. Si un titre est en capitales, espacez un peu les lettres.

Accents et caractères spéciaux

Une carte en français a besoin de tous ses accents, y compris sur les capitales (É, À, Ç), des ligatures œ et æ (bœuf, œuf, cœur), des guillemets « » et du signe €. S’y ajoutent les mots venus d’ailleurs : jalapeño, Gewürztraminer, Grüner Veltliner. Et si vous traduisez la carte, il vous faudra aussi ñ, ß ou å. Les Google Fonts avec le jeu de caractères latin les incluent en général ; les ennuis commencent avec les polices décoratives téléchargées sur des sites au hasard. S’il manque un caractère, l’ordinateur le remplace par une autre police, et cela se voit tout de suite.

Un test rapide avant de vous décider : tapez « Crème brûlée, bœuf bourguignon, jalapeño — 12,50 € / 14 CHF » et vérifiez que tout sort dans la même police.

Polices gratuites et licences

La FAQ de Google Fonts indique que ses polices peuvent servir dans des projets commerciaux, y compris imprimés. La plupart sont sous licence SIL Open Font License et quelques-unes sous licence Apache. Méfiez-vous des sites qui proposent des polices « gratuites pour un usage personnel » : la carte d’un restaurant est un usage commercial.

Toutes les polices de MenuDesign sont libres et intégrées à l’outil, si bien que le PDF sort identique sur n’importe quel ordinateur.

Testez avant d’imprimer

Imprimez une page à 100 %, sans « ajuster à la page », et lisez-la à l’une de vos tables, à bout de bras et sous la lumière de votre service. Vérifiez qu’on ne confond pas le 1 avec le 7, ni le 6 avec le 8.

Dans MenuDesign, chacun des 50 designs de carte arrive avec un duo de polices éprouvé. Pour le changer, l’onglet Personnaliser vous laisse choisir la police des titres et celle du texte, et l’onglet Format règle la taille automatiquement ou à la main. Commencez dans l’éditeur.

Questions fréquentes

Quelle taille de police pour une carte ?

Pour le texte des plats, entre 9 et 11 points sur papier, selon la police : les caractères à petites minuscules, comme beaucoup de Garamond, demandent le haut de la fourchette. Le nom des plats un peu plus grand ou en gras. Imprimez un essai et lisez-le sous l’éclairage de votre salle.

Combien de polices peut-on utiliser sur une carte ?

Deux au maximum : une pour les titres et une pour le texte. Ou une seule famille, en jouant sur ses graisses et son italique pour construire la hiérarchie.

Peut-on utiliser des Google Fonts sur une carte imprimée ?

Oui. Google indique que ses polices peuvent servir dans des projets commerciaux, y compris imprimés. La plupart sont sous licence SIL Open Font License et quelques-unes sous licence Apache. Ce qui est interdit, c’est de vendre la police seule.

Vaut-il mieux une serif ou une sans serif ?

Les deux se lisent bien sur papier si la taille et le contraste sont bons. Le choix tient surtout au caractère de votre établissement : les serifs paraissent plus classiques, les sans serif plus contemporaines.