Ce qui définit une carte rustique
Une police solide. Des serifs robustes, des égyptiennes à empattements carrés et, pour le nom ou l’ardoise des suggestions, une police au pinceau ou manuscrite. Rien de très fin, pas de romaines très contrastées.
Des couleurs de cuisine. Le rouge de la nappe à carreaux, le lie-de-vin, l’orange braise, les bruns, le vert olive. Sur papier blanc ou crème.
Un ornement artisanal. Des carreaux vichy, une grappe de raisin, une flamme, des vagues, des filets. Peu nombreux et simples.
Des points de conduite. Les lignes qui mènent au prix appartiennent aux cartes d’autrefois et aident sur les cartes longues avec beaucoup de plats semblables.
Les matières. Une planche en bois, une couverture en cuir ou en toile, une pince. C’est le support qui apporte le côté rustique ; le papier peut rester simple.
Les erreurs qui font négligé
- Des fonds imprimés façon bois ou parchemin. Ils se lisent mal et consomment beaucoup d’encre. Gardez le bois pour la planche.
- Des cliparts partout : vaches, raisins, jambons et cocottes.
- Une police de western pour tout le texte. Un titre qui a du caractère suffit.
- Des prix corrigés au stylo ou au correcteur. Si un prix change, réimprimez.
- Une plastification brillante qui reflète les lampes.
- Des fautes d’orthographe et des plats écrits de deux façons.
Comment rédiger les plats
Ici, les noms d’autrefois règnent : blanquette de veau, bœuf bourguignon, petit salé aux lentilles, andouillette frites, pot-au-feu, tarte Tatin. Inutile de les habiller. Ce qui aide :
- L’origine, si vous l’avez : « Boudin noir de Mortagne », « Entrecôte d’Aubrac ».
- La quantité : « 6 pièces », « pour deux », « environ 1 kg ».
- Le prix au poids, écrit tel quel : « 9,50 € les 100 g » ou « 65 €/kg ». Si un plat change vraiment selon le marché, indiquez le prix au kilo pour que les clients le sachent avant de commander.
- Les suggestions dans leur propre rubrique ou sur une ardoise, pour pouvoir les changer sans refaire toute la carte.
Évitez les diminutifs et les adjectifs de prospectus : « nos délicieux petits farcis de grand-mère » devient « farcis niçois », qui dit la même chose avec plus de métier. Attention aussi à la mention « fait maison » : en France, elle est encadrée et réservée aux plats élaborés sur place à partir de produits bruts (voir la réglementation de la carte). Et si l’auberge existe depuis quarante ans ou si la terrine est la recette de votre grand-mère, dites-le une fois, dans le sous-titre ou une note de rubrique, pas à chaque ligne.
Les plats traditionnels cachent beaucoup d’allergènes (farine dans le roux et la panure, lait dans la béchamel, céleri dans le fond, sulfites dans le vin de la sauce, moutarde dans la vinaigrette). Signalez-les plat par plat.
Huit designs au goût de cuisine familiale
Mantel est le bistrot de quartier : des carreaux rouges en haut, la police Young Serif, des vagues sous les titres et des points de conduite. Il fonctionne aussi bien pour la carte que pour le menu du jour.
Brasa est une carte de grill : une grille de cuisson, une flamme au-dessus du nom, un tampon et des titres sur des planches brutes.
Bodega utilise le Garamond, une grappe de raisin et des colonnes pour le verre et la bouteille. Pour la carte des vins d’un grill ou d’une auberge, et pour la carte assortie.
Pizarra écrit le menu du jour au pinceau, avec le prix entouré à la main. L’ardoise de la porte, mais sur papier.
Libreta a l’air noté sur une page de cahier à lignes, avec une marge rouge et une écriture lisible. Pour les cartes qui changent chaque jour.
Gaceta donne à la carte d’un vieux bistrot l’allure d’un journal d’époque, en noir sur blanc.
Vermut est une étiquette de vermouth : une égyptienne rouge, des étoiles et un double cadre. Pour les bars à l’ancienne.
Trattoria est la cuisine familiale italienne, avec un ruban vichy et des italiques rouges.
Pour un pub ou un bar à bières, voyez aussi Pub.
Menu du jour et formats
Dans une cuisine familiale, le menu du jour compte autant que la carte. Mantel, Pizarra et Libreta sont faits pour lui : en A5, ou en deux A5 par feuille pour utiliser moitié moins de papier, et en publication 4:5 à partager chaque matin. La carte se met dans un A4 à deux colonnes ; si elle est longue, dans un livret.
Comparez tous les designs dans la galerie des designs de carte et relisez les règles de base dans le guide du design de carte de restaurant. Pour réussir le rouge nappe ou le lie-de-vin, voyez le guide des couleurs pour une carte de restaurant.
Questions fréquentes
Quelle police convient le mieux à une carte rustique ?
Une serif robuste ou une égyptienne (à empattements carrés) pour le texte, et quelque chose de plus marqué, au pinceau ou façon enseigne, seulement pour le nom ou les titres.
Faut-il des points de conduite jusqu’au prix ?
Sur une carte traditionnelle longue, oui : ils aident l’œil à suivre la ligne jusqu’au chiffre. Mantel, Brasa et Bodega les ont déjà.
Comment afficher le prix d’une viande vendue au poids ?
Écrivez-le tel quel (« 9,50 € les 100 g » ou « 65 €/kg ») et, si cela aide, ajoutez dans la description le poids approximatif de la pièce ou le nombre de jours de maturation.